Réponse complète au pembrolizumab chez un patient âgé atteint d’un carcinome épidermoïde du poumon
Un homme de 84 ans atteint d’un carcinome épidermoïde du poumon de stade IIIB (cT4N2M0), avec une expression tumorale de PD-L1 d’au moins 80 %, a reçu du pembrolizumab en première ligne. La TDM et la bronchoscopie ont montré une disparition complète de la tumeur après cinq cycles. Le traitement a été poursuivi pendant deux ans, puis arrêté à la demande du patient. Les auteurs n’ont rapporté aucune récidive pendant environ 18 mois d’observation ultérieure sans traitement. Cette réponse individuelle ne permet pas d’établir une guérison ni une durée optimale de traitement. [1]

Vue d’ensemble du cas
- ID du cas
- CS-007
- Type de cancer
- Squamous cell carcinoma of the lung (non-small cell lung cancer)
- Stade
- Stage IIIB (cT4N2M0), as reported
- Tranche d’âge
- 80–89 years (84 years at presentation)
- Sexe
- Male
- Période d’observation
- Two years of treatment followed by approximately 18 months without treatment
- Orientation principale
- Complete response to first-line pembrolizumab with sustained response after treatment discontinuation
Informations sur le patient
Le patient était un homme de 84 ans avec un indice de performance ECOG de 1. Il a indiqué avoir fumé deux paquets de cigarettes par jour pendant 20 ans ; le moment de l’arrêt du tabac n’était pas précisé. Le rapport ne fournit pas de profil détaillé des comorbidités, de liste de médicaments, d’antécédents familiaux ni d’évaluation gériatrique. [1]
Présentation clinique
Plusieurs semaines d’expectorations sanglantes ont motivé une consultation chez un médecin généraliste. Une radiographie thoracique a montré une opacité anormale dans le champ pulmonaire moyen gauche, ce qui a conduit à une orientation vers l’hôpital. Les examens d’imagerie ultérieurs ont localisé la tumeur primitive au lobe supérieur gauche. La bronchoscopie a montré une obstruction de la bronche du lobe supérieur gauche. [1]
Évaluation diagnostique
La radiographie thoracique et la TDM avec injection de produit de contraste ont montré une tumeur du lobe supérieur gauche envahissant l’artère pulmonaire. Les auteurs n’ont rapporté aucune métastase à distance et ont attribué un stade clinique cT4N2M0, stade IIIB. La publication ne décrit pas tous les éléments du bilan de stadification et ne fournit pas les dimensions tumorales initiales. [1]
La biopsie transbronchique a montré des nappes de cellules polygonales/fusiformes atypiques avec des ponts intercellulaires. La positivité diffuse de p40 et la négativité de TTF-1 étaient en faveur d’un carcinome épidermoïde. Le marquage de PD-L1 concernait au moins 80 % des cellules tumorales : le résumé et la Figure 2 utilisent ≥80 %, tandis que le récit du cas décrit une valeur supérieure à 80 %. Le clone utilisé pour le dosage de PD-L1 et les résultats de la recherche de mutations conductrices génomiques ne sont pas précisés. [1]
Le fragment de cytokératine 19 sérique initial était élevé à 5,7 ng/mL, et le rapport neutrophiles/lymphocytes était de 2,35. Un marquage tissulaire exploratoire a montré d’abondants macrophages associés à la tumeur CD163-positifs, des neutrophiles associés à la tumeur CD15/MPO-positifs et des cellules caractérisées par les auteurs comme des lymphocytes T régulateurs CD3/CD25-positifs. Les cellules CD4-, CD8- et CD56-positives étaient rares. Ces observations descriptives n’étaient pas des tests prédictifs validés dans le cadre de ce cas. [1]
Traitement et contexte clinique
Les auteurs ont considéré la radiothérapie comme dangereuse, car l’envahissement de l’artère pulmonaire faisait craindre une perforation vasculaire et une mort subite ; le patient a choisi de ne pas la recevoir. Une monothérapie par pembrolizumab a donc été instaurée en première ligne, avec des administrations à intervalles de trois semaines dans le contexte d’une forte expression tumorale de PD-L1. La dose, les modalités de perfusion, la date de début et le nombre total exact d’administrations ne sont pas précisés. Aucun traitement anticancéreux systémique antérieur n’est décrit. [1]
Le pembrolizumab a été poursuivi pendant deux ans malgré la réponse complète obtenue plus tôt, puis arrêté à la demande du patient. L’arrêt n’a pas été attribué à une progression de la maladie ni à une toxicité. Les auteurs n’ont rapporté aucun effet indésirable pendant le traitement, sans fournir de tableau formel de gradation des événements indésirables ni de résultats détaillés de la surveillance de la toxicité. [1]
Observations cliniques
Les auteurs ont décrit une réponse complète à la fin du cinquième cycle de pembrolizumab, illustrée par les résultats de la TDM et de la bronchoscopie. Les marqueurs tumoraux se sont normalisés et sont restés normaux pendant la période rapportée. Il s’agissait d’une réponse clinique/radiologique rapportée ; l’article ne documente pas de réponse pathologique complète chirurgicale et ne précise pas d’évaluation formelle selon les critères RECIST. [1]
Suivi et résultats
Après deux ans de pembrolizumab, le patient est resté sans récidive tumorale rapportée pendant environ un an et demi après l’arrêt du traitement. Aucun autre traitement anticancéreux au cours de cet intervalle n’a été décrit. La publication ne précise pas le calendrier de surveillance, les résultats de biopsies ultérieures ni l’évolution après cette période d’observation. Une réponse complète et l’intervalle sans récidive rapporté ne doivent pas être assimilés à une guérison. [1]
Interprétation
Ce cas montre qu’une personne octogénaire atteinte d’un carcinome épidermoïde du poumon avec une forte expression de PD-L1 a présenté une réponse profonde au pembrolizumab, qui s’est maintenue après l’arrêt du traitement. Son intérêt pédagogique réside dans l’association d’un âge avancé, d’une maladie localement avancée, d’un choix thérapeutique limité par l’envahissement vasculaire et d’un intervalle documenté sans traitement. Il ne quantifie pas la probabilité d’un bénéfice comparable chez d’autres patients et n’établit pas un traitement privilégié pour tous les cas de stade IIIB. [1]
Discussion
La forte expression tumorale de PD-L1 était le biomarqueur utilisé par l’équipe soignante pour étayer le choix du pembrolizumab. Les auteurs ont proposé que le blocage de PD-1 puisse contrebalancer un environnement tumoral immunosuppresseur malgré la rareté des cellules CD4-, CD8- et CD56-positives. Cette explication reste une hypothèse : le marquage descriptif ne démontre pas le mécanisme causal de la réponse de ce patient. [1]
La décision d’arrêter le traitement après deux ans fournit une observation sur l’évolution de ce patient, et non une comparaison entre l’arrêt et la poursuite du traitement. La persistance de la réponse pendant environ 18 mois sans traitement ne permet pas d’établir le moment d’arrêt le plus sûr, un protocole de surveillance ni l’efficacité d’une reprise du traitement ; aucune récidive ni réintroduction n’a été rapportée dans ce cas. [1]
Points clés :
- Le diagnostic rapporté était un carcinome épidermoïde du poumon de stade IIIB (cT4N2M0), avec une expression tumorale de PD-L1 d’au moins 80 %.
- Une disparition complète de la tumeur a été documentée par TDM et bronchoscopie après cinq cycles de pembrolizumab en première ligne.
- Deux années de traitement ont été suivies d’environ 18 mois d’observation sans traitement, sans récidive rapportée.
- Une réponse complète chez un patient ne prouve pas une guérison, ne permet pas de prédire la réponse d’un autre patient et ne définit pas la durée optimale du traitement.
Limites
Il s’agit d’un cas publié unique, sans comparateur ; il ne permet donc pas d’établir des taux de réponse, une efficacité comparative ou la sécurité générale chez les patients âgés. Les données détaillées sur les comorbidités et la fragilité, les résultats des analyses génomiques, la dose de pembrolizumab, les dates calendaires exactes, les mesures tumorales initiales, les critères formels de réponse et la fréquence de la surveillance ne sont pas fournis. L’affirmation selon laquelle aucun effet indésirable ne s’est produit ne comporte pas de gradation détaillée et ne permet pas d’établir l’absence de toute toxicité. L’interprétation mécanistique est exploratoire. L’observation après l’arrêt du traitement a été limitée à environ 18 mois ; aucune évolution ultérieure n’est établie. Le rapport n’indique pas explicitement le consentement du patient à la publication. [1]
Point de vue du patient
Les seules préférences décrites sont que le patient a choisi de ne pas recevoir de radiothérapie et a demandé l’arrêt du pembrolizumab après deux ans. L’article ne fournit aucune citation directe du patient, aucune évaluation formelle de la qualité de vie ni explication de la demande d’arrêt. [1]
Chronologie
Avant le diagnostic — Plusieurs semaines d’expectorations sanglantes ; une radiographie thoracique anormale a motivé l’orientation vers l’hôpital.
Évaluation diagnostique — La TDM a montré une tumeur du lobe supérieur gauche avec envahissement de l’artère pulmonaire ; la bronchoscopie et la biopsie ont établi le diagnostic de carcinome épidermoïde, une forte expression de PD-L1 et le stade rapporté IIIB (cT4N2M0).
Traitement de première ligne — Une monothérapie par pembrolizumab a débuté à intervalles de trois semaines après le refus de la radiothérapie par le patient.
Fin du 5e cycle — La TDM et la bronchoscopie ont montré une disparition complète de la tumeur visible.
Après deux ans de traitement — Le pembrolizumab a été arrêté à la demande du patient.
Environ 18 mois après l’arrêt — Aucune récidive tumorale n’a été rapportée pendant le suivi sans traitement, qui constitue le critère d’évaluation documenté dans la publication.
Références
- 1.Takeuchi E, Okamoto Y, Takahashi N, Morizumi S, Toyoda Y, Kuroda N, Yorita K. Complete response of squamous cell carcinoma of the lung following treatment with pembrolizumab in an elderly patient: A case report. Thoracic Cancer. 2021;12(2):259–263. DOI: 10.1111/1759-7714.13733. PMID: 33174378. PMCID: PMC7812064.
Takeuchi E, Okamoto Y, Takahashi N, Morizumi S, Toyoda Y, Kuroda N, Yorita K. Complete response of squamous cell carcinoma of the lung following treatment with pembrolizumab in an elderly patient: A case report. Thoracic Cancer. 2021;12(2):259–263. DOI: 10.1111/1759-7714.13733. PMID: 33174378. PMCID: PMC7812064. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7812064/
Mots-clés
Consentement
Consentement non disponible
Déclaration
Cette étude de cas à visée éducative est un résumé secondaire original du rapport de cas accessible au public de Takeuchi et ses collègues, cité ci-dessous. Elle ne décrit pas une nouvelle consultation d’un patient de Canceria. Les auteurs originaux ont déclaré n’avoir aucun conflit d’intérêts. La publication n’indique pas explicitement le consentement à la publication ; aucune affirmation concernant l’obtention indépendante d’un consentement n’est formulée. Les observations cliniques sont attribuées à la source ; les explications mécanistiques et les implications plus générales sont présentées comme une interprétation. Ce cas est éducatif et ne constitue pas une recommandation thérapeutique personnalisée.